Deux choses à dire sur le même marché. Une seule phrase suffit.
📊 En bref
- La phrase : « Le marché de Mokolo, qui ouvre dès l'aube, attire de nombreux clients. »
- Le morceau entre virgules est une proposition subordonnée relative
- À quoi il sert : ajouter une information sur un mot, sans faire une deuxième phrase
- Ce qui décide de son étiquette : le premier mot du morceau, pas ce que le morceau raconte
- Ici ce premier mot est « qui », un pronom relatif. Le nom qu'il renseigne, « marché », est son antécédent
- Le piège : « dès l'aube » parle d'un moment, et fait cocher « temps » à beaucoup d'élèves
- Périmètre : du CM1 à la Terminale, en général comme en technique, plus les concours post-BAC, avec mode hors-ligne
Ce décryptage part d'une vraie question de 3ème, en langue française, au programme du Brevet d'Études du Premier Cycle (BEPC). Mengue, élève à Sangmélima, demande son indice, coche la bonne case — et Thoth lui montre pourquoi la mauvaise case était si tentante.
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La question
Dans la phrase suivante, quelle est la nature de la proposition subordonnée « qui ouvre dès l'aube » ?
« Le marché de Mokolo, qui ouvre dès l'aube, attire de nombreux clients. »
Quatre réponses au choix : une complétive, une relative, une circonstancielle de temps, une indépendante.
L'indice que Mengue a demandé
Thoth ne lui donne pas l'étiquette. Il lui donne un endroit où regarder.
« Ne juge pas le morceau sur ce qu'il raconte. Regarde le tout premier mot qui l'ouvre. Puis mets ton doigt sur le mot juste avant. Demande-toi si le morceau donne un renseignement sur ce mot-là. »
Deux mots à observer, donc : le premier du morceau, et celui qui le précède. Le reste de la phrase peut attendre.
Sa copie
Elle coche B — une proposition subordonnée relative. C'est juste.
Elle n'a pas jugé sur le sens. Elle a regardé le mot qui ouvre. C'est l'ordre qui l'a sauvée.
À quoi sert vraiment ce morceau de phrase
Oublions les étiquettes une minute. Partons de ce qu'on veut dire.
Tu as deux choses à dire sur un marché. Il ouvre dès l'aube. Il attire de nombreux clients.
Tu peux faire deux phrases :
Le marché de Mokolo ouvre dès l'aube. Il attire de nombreux clients.
Ça marche. Mais ça hache, et tu parles deux fois du même marché.
Le français te propose mieux. Tu gardes une seule phrase, et tu glisses le renseignement juste à côté du nom :
Le marché de Mokolo, qui ouvre dès l'aube, attire de nombreux clients.
Voilà tout son métier : ajouter une information sur un mot, sans faire une deuxième phrase. Retiens ça avant tout le vocabulaire.
Les deux mots de vocabulaire, en clair
Une proposition, c'est un bout de phrase qui a son propre verbe. Ici, « qui ouvre dès l'aube » a le verbe « ouvre ».
Subordonnée veut dire qu'elle dépend d'un autre mot. Toute seule, elle ne tient pas debout. Dis « qui ouvre dès l'aube » à quelqu'un dans la rue : il attendra la suite.
Reste à dire de quelle sorte. Et là, un seul mot décide.
Le mot qui ouvre commande
Le morceau commence par « qui ». C'est un pronom relatif. Il y en a quatre courants : qui, que, dont, où.
Un pronom relatif remplace un nom déjà écrit. Lequel, ici ? « Marché », le mot juste avant. Ce mot porte un nom : l'antécédent, celui qui vient avant.
Un morceau introduit par un pronom relatif s'appelle une proposition subordonnée relative. C'est la réponse B.
Le doigt sur le mot d’avant. Si c’est un nom, c’est presque toujours une relative.
Deux contrôles rapides le jour du devoir
Le doigt. Pose ton doigt sur le mot placé juste avant le morceau. Si c'est un nom, tu tiens presque sûrement une relative.
Le retrait. Enlève le morceau et relis la phrase :
Le marché de Mokolo attire de nombreux clients.
Elle tient encore debout. Le morceau apportait un renseignement en plus, il n'était pas obligatoire. Une complétive, elle, ne se retire pas sans casser la phrase.
Le piège : « dès l'aube »
C'est la réponse C qui attrape le plus de monde, et voici pourquoi.
Dans le morceau, il y a « dès l'aube ». Ça parle bien d'un moment. L'œil voit du temps, la main coche « temps ».
Mais « dès l'aube » n'ouvre pas le morceau. Il est à l'intérieur. Le mot qui ouvre, c'est « qui » — et « qui » n'est pas un mot de temps.
Une vraie circonstancielle de temps ressemblerait à ceci :
Le marché attire les clients dès qu'il ouvre.
Là, le premier mot annonce le moment. Dans la phrase de l'exercice, non. La règle vaut pour tout le chapitre : on juge sur le mot qui ouvre, jamais sur le sens du morceau.
Les trois autres réponses, et la confusion derrière chacune
| Réponse | Pourquoi c'est faux | | A. complétive | Elle est introduite par la conjonction « que » et complète un verbe, jamais un nom. Exemple : « ma mère dit que le marché ouvre dès l'aube ». Avant, il y a « dit », un verbe. | | C. circonstancielle de temps | Elle commence par « quand », « lorsque », « dès que ». Ici, le morceau s'ouvre sur un pronom relatif. | | D. indépendante | Une indépendante ne dépend d'aucun mot. Ici, le morceau dépend du nom « marché ». |
« Que » a deux vies
C'est la question que Mengue a posée à Thoth juste après : et si le mot était « que » au lieu de « qui » ?
Ça dépend. Un seul test : est-ce que « que » remplace un nom déjà écrit ?
- « Le marché que ma mère préfère est fermé. » Ici, « que » remplace « marché » — on pourrait dire : ma mère préfère ce marché. C'est un pronom relatif, donc une relative.
- « Ma mère dit que le marché est fermé. » Ici, « que » ne remplace aucun nom. Il annonce seulement ce qui est dit. C'est une conjonction, donc une complétive.
Deux secondes de test, et l'hésitation tombe.
Ce que ça change dans ta rédaction
La relative n'est pas qu'une étiquette à cocher. C'est un outil d'écriture.
Sans elle, tu alignes des petites phrases collées : « Mon oncle vend du poisson. Il habite à côté de chez nous. » Deux phrases, et le même monsieur répété.
Avec elle : « Mon oncle, qui habite à côté de chez nous, vend du poisson. » Une seule phrase, rien de perdu, et le correcteur voit tout de suite que tu sais construire.
Un conseil quand même : une ou deux par paragraphe, pas plus. Une relative dans une relative, ça devient illisible.
Ce que Thoth change
Mengue avait la bonne case. Un correcteur aurait mis un point et serait passé à la suite.
Thoth a validé, puis il a fait le tour des trois mauvaises réponses pour montrer quelle confusion mène à chacune. Savoir pourquoi la mauvaise case est tentante, c'est ce qui empêche de la cocher au prochain devoir.
À toi de jouer
- Commence par l'usage. Ce morceau ajoute une information sur un mot, sans faire une deuxième phrase.
- Regarde le premier mot du morceau. Qui, que, dont, où → relative. Quand, lorsque, dès que → temps.
- Pose ton doigt sur le mot d'avant. Si c'est un nom, tu tiens ton antécédent.
C'est toute l'idée de TurboClasse : 2 fois plus vite, 2 fois plus fort, 2 fois meilleur. On ne révise pas plus longtemps, on révise mieux.
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